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Tout savoir sur la convention collective restauration rapide

Publié: 24 juin 2026

Tout savoir sur la convention collective restauration rapide

Emma Marchal
Rédacteur

Qu’est‑ce que la convention collective de la restauration rapide ?

Champ d’application : les entreprises concernées (codes NAF 56.10C, activités de vente au comptoir)

Vous tenez un fast‑food, une sandwicherie, un point de vente à emporter ou de livraison ? Alors vous êtes probablement concerné par la convention collective restauration rapide. Son vrai nom : la Convention Collective Nationale (CCN) de la restauration rapide, IDCC 1501. Elle s’applique aux établissements dont l’activité principale est la vente au comptoir d’aliments et de boissons présentés dans des emballages jetables, que le client consomme sur place, emporte ou se fasse livrer. Le code NAF le plus courant est le 56.10C, mais d’autres codes peuvent correspondre (vérifiez votre extrait Kbis).

Petite précision qui a son importance : si votre activité relève plutôt de la restauration traditionnelle (service à table, nappes en tissu…), c’est une autre convention collective nationale qui s’applique – celle de l’hôtellerie restauration (IDCC 1979). Ne les confondez pas, les règles ne sont pas les mêmes.

La CCN restauration rapide IDCC 1501 : dates clés et cadre légal

Signée le 18 mars 1988, cette convention a été mise à jour régulièrement. Elle fixe les conditions de travail, les salaires minimaux, les droits à congés, les primes, etc. Elle vient en complément du code du travail : lorsqu’elle est plus favorable, c’est elle qui prime. En tant qu’employeur, vous devez l’appliquer dès le premier salarié. Et oui, même si vous n’êtes qu’un petit food‑truck, la ccn restauration rapide vous concerne dès que vous embauchez.

Contrat de travail et période d’essai selon la convention

Période d’essai : durées par catégorie (ouvrier, employé, agent de maîtrise, cadre) et renouvellement

La période d’essai est un classique, mais ses durées varient selon votre statut dans la restauration rapide. Voici ce que prévoit l’IDCC 1501 (à jour en 2026) :

Catégorie Durée initiale Renouvellement possible
Ouvrier / Employé 1 mois 1 mois supplémentaire (si prévu au contrat)
Agent de maîtrise 2 mois 2 mois supplémentaire
Cadre 4 mois 4 mois supplémentaire

Attention : le renouvellement doit être écrit dans le contrat de travail ou dans un avenant signé avant la fin de la période initiale. Pas de renouvellement automatique !

Contrat à temps partiel : durée minimale de 24h/semaine, dérogations possibles (étudiants, accord écrit)

Dans la restauration rapide idcc, le temps partiel est très fréquent. La règle générale fixe une durée minimale de 24 heures par semaine (ou l’équivalent sur le mois). Mais des dérogations existent : pour les étudiants (sous réserve d’une demande écrite) ou pour les contrats de moins de 26 semaines. Dans tous les cas, le contrat doit préciser la répartition des horaires. N’oubliez pas que le temps partiel donne droit à une majoration de salaire pour les heures complémentaires (10% dans la limite de 1/10e, 25% au‑delà).

Obligations d’affichage et de mention sur la fiche de paie (IDCC, texte de la convention)

Vous devez afficher le texte de la ccn restauration dans les locaux (ou le tenir à disposition sur un poste informatique). Et surtout, chaque fiche de paie doit mentionner l’IDCC 1501 ainsi que le nom de la convention. Sinon, gare aux prud’hommes ! C’est une formalité simple qui évite bien des malentendus.

Durée du travail et conditions de travail

Durée légale et modulation : 35h, possibilité de 39h avec RTT ou majoration

La durée du travail légale est de 35 heures par semaine. Mais votre activité peut connaître des pics. La convention autorise des horaires jusqu’à 39 heures, avec deux options : soit des jours de repos (RTT), soit une majoration de salaire pour les heures au‑delà de 35h. Les heures entre 35 et 39h sont majorées à 10%, et à partir de la 40e heure, c’est 25% (sauf accord d’entreprise plus favorable).

Temps de pause et coupures : règles applicables en restauration rapide

Le temps de pause est obligatoire : 20 minutes consécutives pour 6 heures de travail effectif. Dans la restauration rapide, les coupures (deux services séparés par une plage libre) sont courantes. Mais attention : une coupure ne peut pas excéder 3 heures, et la journée de travail ne doit pas dépasser 13 heures (sauf dérogation). Et oui, même en période de rush, vos équipes ont droit à une vraie pause – pas juste le temps d’avaler un burger debout !

Heures supplémentaires et majoration de salaire : taux et contreparties

Les heures supplémentaires sont comptabilisées par semaine (ou par mois si lissage). Au‑delà de 35h, les majorations sont : 25% pour les 8 premières (de la 36e à la 43e), puis 50% au‑delà. La collective nationale prévoit aussi un repos compensateur de remplacement possible. Pensez à bien déclarer toutes les heures sur la fiche de paie, c’est un point de contrôle fréquent.

Travail de nuit, jours fériés et jours de repos spécifiques

Ouvert jusqu’à minuit ou plus ? Le travail de nuit (entre 21h et 6h) donne droit à une majoration de 25% (sauf si votre contrat prévoit une autre contrepartie). Les jours fériés travaillés sont majorés (100% sauf si récupération). En revanche, le 1er mai est toujours chômé et payé (sauf exception). Prévoyez aussi un jour de repos par semaine, de préférence le dimanche (mais pas obligatoire dans la restauration rapide – dommage pour les employeurs qui rêvent d’un dimanche calme).

Salaires, primes et indemnités

Grille de salaire par niveau et coefficient (équipier, chef d’équipe, manager)

La grille de salaire de la ccn restauration rapide est actualisée chaque année (négociation de branche). Pour 2026, voici les minimaux (hors primes) :

Niveau / Coefficient Exemple de poste Salaire minimum mensuel (base 151,67h)
I (100) Équipier débutant 1 765 €
II (120) Équipier confirmé 1 820 €
III (150) Chef d’équipe 1 950 €
IV (200) Manager adjoint 2 150 €
V (250) Directeur de restaurant 2 550 €

Ces montants sont bruts. N’oubliez pas la prime annuelle conventionnelle (obligatoire) d’un montant équivalent à 1/12e du salaire annuel brut, versée en une fois ou mensuellement. Et l’indemnité de blanchissage si vous fournissez une tenue – comptez environ 7 € par mois (variable selon les accords).

Prime annuelle conventionnelle et primes d’ancienneté (ans d’ancienneté)

La prime annuelle conventionnelle est due à tout salarié ayant au moins un an d’ancienneté. Son calcul : 1/12e de la rémunération brute perçue durant l’année. Ensuite, viennent les primes d’ancienneté : 3% après 3 ans d’ancienneté, 6% après 5 ans, 9% après 8 ans, etc. (calculées sur le salaire minimum du coefficient). Oui, la fidélité paie – un peu.

Indemnité de blanchissage, prime de panier et autres avantages

L’indemnité de blanchissage compense l’entretien de la tenue (si vous ne la lavez pas vous‑même). En 2026, elle est souvent fixée autour de 6,50 € par mois pour un équipier. La prime de panier est versée pour chaque jour travaillé si le salarié n’a pas accès à un restaurant d’entreprise – environ 4,50 € par jour. Certaines enseignes ajoutent une prime de « coup de feu » pour les heures de forte affluence. Mais attention, tout doit être clairement noté sur la fiche de paie.

Mention sur le bulletin de paie : obligatoire pour la CCN

Votre logiciel de paie doit afficher : « Convention collective nationale de la restauration rapide – IDCC 1501 ». Sans ça, le salarié peut demander des dommages et intérêts. Même les petits employeurs doivent le faire – pas d’excuse.

Congés payés et absences

Jours de congés : 2,5 jours ouvrables par mois par année, calcul et prise en charge

Les congés payés s’acquièrent à raison de 2,5 jours ouvrables par mois par année de travail (soit 30 jours ouvrables par an). Attention : la convention précise que les jours de congés sont décomptés en jours ouvrables, pas en jours ouvrés. Concrètement, si votre équipier prend une semaine, cela lui coûte 6 jours (lundi au samedi). Un petit calcul qui change tout pour la planification ! La prise en charge des congés doit respecter la période légale (1er mai – 31 octobre généralement).

Congés pour événements familiaux (mariage, décès, grossesse) : nombre de jours selon le code du travail et la convention

La convention collective nationale est plus généreuse que le code du travail sur certains événements. Exemples :

  • Mariage du salarié : 5 jours (code : 4 jours)
  • Mariage d’un enfant : 2 jours (non prévu par le code)
  • Décès du conjoint / partenaire Pacs : 5 jours (code : 3)
  • Décès d’un parent (père, mère) : 3 jours (code : 3)
  • Naissance / adoption : 3 jours (code : 3)

Ces jours de congés sont payés et ne réduisent pas le droit aux congés annuels.

Maladie : délai de carence, maintien de salaire (90% puis 70% sous conditions)

En cas d’arrêt maladie, la convention prévoit un maintien de salaire après un délai de carence de 3 jours (hors accident du travail). Pendant les 30 premiers jours, l’employeur verse 90% du salaire brut (sous déduction des indemnités journalières de la Sécu). Puis de 31 à 60 jours, 70%. Conditions : justifier d’un an d’ancienneté et avoir transmis le certificat dans les 48h. Pratique pour éviter la double peine.

Rupture du contrat : démission et licenciement

Préavis de démission : durée selon catégorie et ancienneté (jours 1 mois, etc.)

Quand un salarié quitte son poste, il doit respecter un préavis. Pour un ouvrier ou employé : 1 mois (jours 1 mois). Pour un agent de maîtrise : 2 mois. Pour un cadre : 3 mois. Ces durées sont valables quelle que soit l’ancienneté dans la ccn restauration rapide. Le préavis court à partir de la notification de la démission (lettre recommandée ou remise en main propre). En cas de non‑respect, l’employeur peut demander une indemnité compensatrice (sauf accord amiable).

Préavis de licenciement et indemnités de licenciement

Pour un licenciement (hors faute grave), le préavis est identique à celui de la démission. Les indemnités de licenciement sont dues après 8 mois d’ancienneté (et non 1 an comme dans le code du travail). Calcul : 1/4 de mois de salaire par année pour les 10 premières années, puis 1/3 au‑delà. Exemple : un employé avec 5 ans d’ancienneté et un salaire de 1 800 € percevra : (1/4 × 1 800) × 5 = 2 250 €.

Cas de démission : procédure et droits du salarié

Le salarié qui démissionne n’a pas droit aux allocations chômage (sauf si sa démission est considérée comme légitime : déménagement pour suivre le conjoint, etc.). Il doit néanmoins effectuer son préavis. Pendant cette période, il peut prendre ses congés payés restants (avec l’accord de l’employeur). Un point important : la fiche de paie de fin de contrat doit mentionner le solde de tout compte.

Rupture du contrat en période d’essai : règles spécifiques

Pendant la période d’essai, la rupture du contrat est plus simple. L’employeur peut mettre fin au contrat sans motif, avec un préavis réduit : 24h pour une durée de présence inférieure à 8 jours, 48h au‑delà. Le salarié, lui, peut partir sans préavis. Pas d’indemnité à verser. Mais attention : si la période d’essai est renouvelée, les mêmes règles s’appliquent pendant la prolongation.

Cas particuliers et erreurs fréquentes

Étudiants, alternants et temps partiel : dérogations et vérifications

Les étudiants peuvent travailler moins de 24h par semaine (sans accord écrit) à condition de fournir un justificatif de leur établissement. Mais attention : les heures travaillées ne doivent pas dépasser la moitié de la durée légale (soit 17,5h) pendant les périodes de cours ? Non, nuance : la dérogation étudiante permet de descendre sous 24h, mais pas en dessous des seuils légaux (pas de minimum pour les étudiants en contrat classique). Vérifiez bien les bornes. Les alternants, eux, suivent le rythme de leur contrat d’apprentissage ou de professionnalisation, mais la convention s’applique pour la rémunération minimale (sauf disposition plus favorable du code du travail).

Cumul des primes (ancienneté, blanchissage, panier) : exemples de calcul

Un équipier coefficient I (1 765 € brut) avec 4 ans d’ancienneté perçoit une prime d’ancienneté de 6% (après 5 ans, mais pour l’exemple, disons 3% après 3 ans). Son salaire de base devient 1 765 + 52,95 € = 1 817,95 €. Ajoutez l’indemnité de blanchissage (7 €) et la prime de panier pour 20 jours travaillés (20 × 4,50 € = 90 €). Total brut mensuel : environ 1 914,95 €. Sans oublier la prime annuelle conventionnelle qui sera versée en fin d’année (environ 1/12e du total annuel).

Vérification du code APE et correspondance avec la CCN restauration rapide

Vous pensez relever de la restauration rapide idcc ? Vérifiez votre code APE (activité principale). Les principaux : 56.10C (restauration rapide), 56.10A (restauration traditionnelle ne concerne pas). Si vous faites de la vente à emporter de pizzas, sandwiches, sushis… vous êtes dans le bon. En cas de doute, un courrier à l’URSSAF ou à la DIRECCTE peut vous confirmer. Une erreur peut vous coûter des rappels de salaire et des pénalités.

Tableaux récapitulatifs et outils pratiques

Tableau : Période d’essai, préavis et indemnités par catégorie

Catégorie Période d’essai (initiale) Préavis démission / licenciement Indemnité de licenciement (minimum)
Ouvrier / Employé 1 mois 1 mois 1/4 de mois par année (dès 8 mois)
Agent de maîtrise 2 mois 2 mois 1/4 de mois par année
Cadre 4 mois 3 mois 1/4 de mois par année

Tableau : Grille de salaire minimaux 2026 (niveaux I à V)

Niveau Coefficient Salaire minimum mensuel brut (151,67h)
I 100 1 765 €
II 120 1 820 €
III 150 1 950 €
IV 200 2 150 €
V 250 2 550 €

Bon à savoir : affichage obligatoire et mentions sur la fiche de paie

Pour éviter les mauvaises surprises, imprimez un exemplaire de la convention et affichez‑le dans la salle de pause. Et sur chaque fiche de paie, vérifiez que la mention « Convention collective nationale de la restauration rapide – IDCC 1501 » apparaît bien en haut ou en bas. En 2026, c’est encore trop souvent oublié. Un petit geste qui vous protège.

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